Depuis la dernière newsletter, plusieurs d'entre vous m'ont posé la même question : « Tu as fait une IRM ? ». La réponse est non, pas encore, et probablement pas dans l'immédiat. Ce n'est pas que je refuse les examens complémentaires, loin de là. Simplement, sur mon propre genou, je préfère les utiliser avec parcimonie, au bon moment, plutôt que par réflexe dès la moindre douleur qui traîne.
Il y a une raison personnelle à ça. Ce genou a une histoire : plusieurs entorses par le passé, du foot, des accidents de moto, quelques mauvaises réceptions. Et j'ai bientôt 39 ans. Ce n'est pas vieux, mais ce n'est plus le genou de mes 20 ans non plus. Si je fais une IRM aujourd'hui, je sais presque à coup sûr que le compte-rendu ne reviendra pas complètement vierge. Une étude portant sur plus de 5000 genoux sans douleur ni traumatisme le confirme : la fréquence de ce type de petites lésions double, voire quadruple, après 40 ans par rapport à avant. Passé cet âge, la plupart des genoux montrent une petite usure quelque part : un peu de cartilage, un bout de ménisque, même chez des gens qui ne ressentent absolument rien. C'est presque la norme, pas l'exception.
Autrement dit : passer une IRM à mon âge, avec mes antécédents, c'est prendre le risque quasi certain de découvrir quelque chose. Une fissure méniscale dégénérative, un peu de cartilage abîmé, peut-être un début d'arthrose sur le compte-rendu. Des mots qui, une fois lus noir sur blanc, ne quittent plus la tête, même quand ils n'ont probablement aucun rapport avec la douleur du moment.
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